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jeudi, décembre 1, 2022
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MADAGASCAR : Le choix stratégique de la «rizipisciculture»

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À Madagascar, c’est une filière sous-exploitée que le pays tente de développer : la pisciculture. Une alternative qui permet de « soulager » les ressources halieutiques sur les côtes, mais aussi dans les Hautes Terres centrales de la Grande Ile, pour améliorer les revenus des paysans et lutter contre la malnutrition. En périphérie de la capitale, Antananarivo, des agriculteurs pratiquent la « rizipisciculture », qui allie culture du riz et élevage de poissons.

À Madagascar, c’est une filière sous-exploitée que le pays tente de développer : la pisciculture. Une alternative qui permet de « soulager » les ressources halieutiques sur les côtes, mais aussi dans les Hautes Terres centrales de la Grande Ile, pour améliorer les revenus des paysans et lutter contre la malnutrition. En périphérie de la capitale, Antananarivo, des agriculteurs pratiquent la « rizipisciculture », qui allie culture du riz et élevage de poissons.

Dans la commune d’Ambatolampy Tsimahafotsy, carpes et tilapias peuplent les quatre hectares de rizières de Ravalitera. Penché au-dessus d’une baignoire installée près des bassins, ce dernier et deux employés s’affairent.

« On est en train de séparer les femelles des mâles parce que la période de ponte arrive. Il ne faut pas qu’elles pondent n’importe où. Lorsque les températures montent et que c’est le moment, on les remet ensemble dans ce bassin. »

Cet agriculteur de 58 ans, fait partie de la centaine de membres de l’association Siloama qui regroupe les rizipisciculteurs aux alentours du marais d’Anosilava.

« Il y a 310 hectares de rizières ici et sur 30% d’entre elles, on pratique la rizipisciculture. Avec cette technique, l’avantage est double : les poissons ont une meilleure croissance dans les rizières et on récolte deux fois plus de riz. Les tiges sont beaucoup plus fournies. Les poissons mangent les nuisibles et leurs déjections servent aussi d’engrais. »

Partage de connaissances
Une technique qui a convaincu Philibert Rakotofanampy venu se fournir en alevins chez Ravalitera. Il a converti deux hectares de rizières en élevage de poissons et vend ses carpes à 20 000 ariarys le kilo, soit environ 5 euros.

« Beaucoup de choses ont changé dans notre vie. J’ai pu bâtir deux maisons grâce à la pisciculture. Dans l’association, on partage nos connaissances et on se soutient beaucoup. C’est une filière qui pourrait être beaucoup plus développée mais c’est seulement récemment que l’État s’y intéresse. »

4,5 kilos, c’est la moyenne de poisson consommé par les habitants de la Grande Ile. Peu comparé aux 11 kilos sur le continent africain. L’offre est loin de satisfaire la demande, témoigne Ravalitera

« Les gens qui viennent acheter du poisson ici sont nombreux, surtout que c’est un aliment rempli de protéines, et je ne peux pas honorer toutes les commandes. Un hectare me donne environ une tonne et demi de poissons. Les paysans ont besoin de soutien pour augmenter leur capacité. Le ministre de la Pêche lui-même est venu ici pour nous transmettre des techniques mais il faut aussi du matériel. Fournir, par exemple, les provendes pour ceux qui débutent, et surtout faciliter l’accès au crédit. »

L’aquaculture en eau douce représentait seulement 3% de la production totale de poissons, en 2017, selon les chiffres transmis par le FAO (l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations unies). Avec ses 9 000 hectares de fleuves et plus de 150 000 hectares de lacs, le potentiel du pays est grand. Le ministère de la Pêche prévoit de développer des fermes aquacoles dans tous les lacs et fleuves du pays. Première étape : fournir 200 000 tonnes de poissons d’eau douce par an pour pallier, entre autres, à l’insécurité alimentaire.

carpes et tilapias peuplent les quatre hectares de rizières de Ravalitera. Penché au-dessus d’une baignoire installée près des bassins, ce dernier et deux employés s’affairent.

« On est en train de séparer les femelles des mâles parce que la période de ponte arrive. Il ne faut pas qu’elles pondent n’importe où. Lorsque les températures montent et que c’est le moment, on les remet ensemble dans ce bassin. »

Cet agriculteur de 58 ans, fait partie de la centaine de membres de l’association Siloama qui regroupe les rizipisciculteurs aux alentours du marais d’Anosilava.

« Il y a 310 hectares de rizières ici et sur 30% d’entre elles, on pratique la rizipisciculture. Avec cette technique, l’avantage est double : les poissons ont une meilleure croissance dans les rizières et on récolte deux fois plus de riz. Les tiges sont beaucoup plus fournies. Les poissons mangent les nuisibles et leurs déjections servent aussi d’engrais. »

Partage de connaissances

Une technique qui a convaincu Philibert Rakotofanampy venu se fournir en alevins chez Ravalitera. Il a converti deux hectares de rizières en élevage de poissons et vend ses carpes à 20 000 ariarys le kilo, soit environ 5 euros.

« Beaucoup de choses ont changé dans notre vie. J’ai pu bâtir deux maisons grâce à la pisciculture. Dans l’association, on partage nos connaissances et on se soutient beaucoup. C’est une filière qui pourrait être beaucoup plus développée mais c’est seulement récemment que l’État s’y intéresse. »

4,5 kilos, c’est la moyenne de poisson consommé par les habitants de la Grande Ile. Peu comparé aux 11 kilos sur le continent africain. L’offre est loin de satisfaire la demande, témoigne Ravalitera

« Les gens qui viennent acheter du poisson ici sont nombreux, surtout que c’est un aliment rempli de protéines, et je ne peux pas honorer toutes les commandes. Un hectare me donne environ une tonne et demi de poissons. Les paysans ont besoin de soutien pour augmenter leur capacité. Le ministre de la Pêche lui-même est venu ici pour nous transmettre des techniques mais il faut aussi du matériel. Fournir, par exemple, les provendes pour ceux qui débutent, et surtout faciliter l’accès au crédit. »

L’aquaculture en eau douce représentait seulement 3% de la production totale de poissons, en 2017, selon les chiffres transmis par le FAO (l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations unies).  Avec ses 9 000 hectares de fleuves et plus de 150 000 hectares de lacs, le potentiel du pays est grand. Le ministère de la Pêche prévoit de développer des fermes aquacoles dans tous les lacs et fleuves du pays. Première étape : fournir 200 000 tonnes de poissons d’eau douce par an pour pallier, entre autres, à l’insécurité alimentaire.

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