7 C
Londres
jeudi, décembre 1, 2022
HomeENVIRONNEMENTMÉTÉOROLOGIE : Pour éviter un grave réchauffement climatique, il est indispensable de...

MÉTÉOROLOGIE : Pour éviter un grave réchauffement climatique, il est indispensable de doubler la production d’électricité « propre »

Date:

A la une

EGYPTE : La COP27 s’achève sur un accord sur les pertes et dommages

Après des jours d'intenses négociations à Charm El-Cheikh, la...

RDC : Félix Tshisekedi appelle la jeunesse à se mobiliser face à la rébellion du M23

Le président de la République démocratique du Congo, Félix...

CAMEROUN : Attribution des droits d’exploitation à Camvert – Le ministère de la forêt hors la loi

Green Development Advocates, en partenariat avec Greenpeace Afrique, vient...


Le manque d’investissements dans le domaine des énergies renouvelables et dans la collecte de données pourrait non seulement compromettre la lutte contre le réchauffement planétaire mais aussi réduire nos futures ressources en énergies propres, notamment hydrologiques et nucléaires, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié le mardi 11 octobre 2022.

Ce rapport élaboré par 26 organismes de l’OMM livre des conclusions alarmantes sur l’avenir climatique. Il faut tripler les investissements et doubler l’offre d’électricité provenant de sources d’énergie propre au cours des huit prochaines années si on veut limiter le réchauffement de la planète, prévient-t-il. 

Faute d’action, les changements climatiques, la multiplication des évènements météorologiques extrêmes et le stress hydrique compromettront notre sécurité énergétique et mettront même en péril nos réserves d’énergie renouvelable. 

Rappelant que le secteur de l’énergie est responsable d’environ trois quarts des émissions de gaz à effet de serre de la planète, le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, a déclaré que la condition pour un 21eme siècle prospère est claire : elle exige la transition vers des formes de production d’énergies propres et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. « La situation s’aggrave de jour en jour et le climat se transforme sous nos yeux. Nous devons totalement repenser le système énergétique planétaire », a-t-il dit. 

L’énorme potentiel encore sous exploité de l’Afrique 

Pour l’OMM, cette priorité, en particulier pour l’énergie solaire, essentiel à l’objectif de 2050, constitue une opportunité pour l’Afrique, qui, en tirant partie de son potentiel inexploité, pourrait devenir l’un des acteurs principaux sur ce marché. Ce continent reçoit 60% des meilleures ressources de la planète en matière d’ensoleillement mais ne dispose que de 1% de la capacité photovoltaïque mondiale. 

En 2019 et 2020, l’Asie de l’Est et la région Pacifique, et essentiellement la Chine et le Japon, ont reçu la grande majorité des investissements dans les énergies renouvelables, suivies par l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, tandis que les pays en développement sont particulièrement sous représentés pour ces financements.  

Alors qu’une action climatique audacieuse pourrait, selon les propos du Secrétaire général de l’ONU, se traduire par des bénéfices économiques de 26.000 milliards de dollars d’ici à 2030, les investissements dans les énergies renouvelables restent trop limités.   

Le changement climatique menace les ressources en énergies renouvelables 

Mais le rapport souligne avant tout la menace que représente le changement climatique pour la sécurité énergétique de la planète, détaillant son incidence directe sur l’approvisionnement en combustible, la production d’énergie et la résilience physique des infrastructures énergétiques.  

Ainsi en 2020, 87% de l’électricité mondiale produite par des systèmes thermiques, nucléaires ou hydroélectriques dépendaient directement des ressources en eau disponibles. Or, 33% des centrales thermiques qui dépendent des ressources d’eau douce disponibles pour le refroidissement se trouvent dans des zones soumises à un stress hydrique élevé. 

Il en va de même pour 15% des centrales nucléaires existantes, un pourcentage qui devrait augmenter pour atteindre 25% dans les 20 prochaines années. De plus, 11% des capacités hydroélectriques sont également situées dans des zones soumises à un fort stress hydrique. Enfin, les lieux d’implantation d’environ 26 % des barrages hydrauliques existants et 23 % des barrages prévus se trouvent dans des bassins versants exposés à un risque de pénurie d’eau considéré comme moyen à très élevé. 

Outre le fait que les centrales nucléaires sont tributaires des ressources en eau pour leur refroidissement, elles sont souvent situées dans des zones côtières de faible altitude et, donc, exposées à l’élévation du niveau de la mer et aux inondations liées aux conditions météorologiques.

Des investissements insuffisants dans les pays en développement 

Malgré ces risques, seulement 40% des plans d’action pour le climat soumis par les gouvernements à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se focalisent sur l’adaptation dans le secteur de l’énergie. 

Les engagements pris par les pays sont loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris sur le climat et représentent seulement 30% de l’effort nécessaire pour garantir la réduction des émissions voulue d’ici à 2030. Les engagements en matière d’énergies renouvelables représentent, eux, moins de la moitié de l’effort requis. 

Selon le rapport, l’objectif mondial à long terme fixé par l’Accord de Paris en matière de température exige l’installation de 7,1 Terawatt de capacité d’énergie propre d’ici à 2030. Le monde n’est donc pas près d’atteindre l’Objectif de développement durable 7 (ODD 7), prônant un accès universel à des services énergétiques fiables, durables, modernes et d’un coût abordable d’ici à 2030. 

Les politiques et réglementations nécessaires pour assurer la décarbonisation du secteur de l’énergie restent particulièrement faibles en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, selon la Banque mondiale. 

De plus, les actions climatiques que prévoient les pays signataires de l’Accord de Paris révèlent qu’ils n’ont guère conscience de la nécessité de fournir des services pour soutenir les énergies renouvelables. 

L’OMM confirme aussi que les flux financiers internationaux destinés à promouvoir les énergies propres dans les pays en développement ne cessent de baisser. Réduits en 2019 à 10,9 milliards de dollars, ils accusaient cette année-là une chute de 23% par rapport à 2018, et de plus de moitié comparé au pic des 24,7 milliards d’aide climatique accordés en 2017. L’Afrique, qui malgré son énorme potentiel n’a reçu que 2% des investissements de ce type au cours des vingt dernières années, nécessiterait ainsi un doublement des investissements énergétiques pour atteindre ses objectifs climatiques.  

Enfin, le rapport décrit à quel point les systèmes d’énergies renouvelables dépendent des conditions météorologiques et climatiques, ce qui exige une amélioration des informations et des services climatologiques, afin de décider au mieux des lieux d’implantation, des modes d’exploitation, de maintenance et de gestions des infrastructures d’énergies renouvelables. Or la moitié seulement des services météorologiques et hydrologiques des membres de l’OMM fournissent des produits spécialement conçus pour le secteur de l’énergie, négligeant ainsi un potentiel précieux alors que les besoins du secteur sont urgents et massifs. 

FA Dernière