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ROYAUME UNI : Après la démission de Liz Truss, les conservateurs à la recherche d’un nouveau Premier ministre

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Contestée au sein du Parti conservateur et décriée par l’opinion publique, la Première ministre britannique, Liz Truss, a jeté l’éponge le jeudi 20 octobre ouvrant une période d’incertitudes pour le Royaume-Uni en pleine crise économique et sociale.

  • La Première ministre la plus éphémère de l’histoire britannique

, a annoncé sa démission, jeudi 20 octobre. « Vu la situation, je ne peux pas remplir le mandat sur lequel j’ai été élue par le Parti conservateur », a-t-elle déclaré, devenant la cheffe de gouvernement à la longévité la plus courte de l’histoire contemporaine du Royaume-Uni, avec moins de 50 jours en poste.

Le précédent record date de 1827, quand le Premier ministre George Canning avait succombé à la maladie 119 jours après son arrivée au pouvoir.

Sa démission intervient au lendemain d’une journée cauchemardesque marquée par le départ de la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman. La soirée a aussi été agitée au Parlement lors d’un vote mal expliqué sur la fracturation hydraulique dont le gouvernement voulait faire un test de loyauté.

  • Pourquoi Liz Truss ne pouvait plus rester à son poste ?

Plus impopulaire que jamais dans l’opinion, sans programme économique après l’humiliant renoncement aux baisses d’impôts et ayant dû se priver de deux de ses plus importants ministres, Liz Truss était également de plus en plus contestée au sein du Parti conservateur.

« Liz Truss doit partir dès que possible », avait notamment lâché l’ancien ministre conservateur David Frost, qui la soutenait ardemment auparavant, dans une tribune au Daily Telegraph.

La Première ministre britannique paye la présentation, fin septembre, d’un invraisemblable mini-budget alliant soutien massif à l’énergie et baisses d’impôts tous azimuts qui a fait plonger la livre et conduit à la démission du ministre des Finances, Kwasi Kwarteng.

Non chiffré mais devant être financé par emprunt sur les marchés, il a provoqué une brutale perte de confiance des investisseurs et une envolée des taux de crédit alors que le Royaume-Uni traverse une crise du coût de la vie, qui voit des millions de Britanniques souffrir de l’inflation. 

Après l’annonce de sa démission, les marchés montraient des signes de soulagement : les taux d’intérêt se détendaient et la livre bondissait.

  • Comment va se dérouler la nomination du nouveau Premier ministre ?

Conséquence de cette démission, le Parti conservateur organisera dans les prochains jours une élection interne, pour désigner un nouveau dirigeant, le cinquième en six ans. Selon un responsable des Tories, le nouveau Premier ministre britannique sera désigné d’ici au vendredi 28 octobre.

« Il sera possible de conduire un scrutin et de conclure une élection d’ici au vendredi 28 octobre », a déclaré aux journalistes Sir Graham Brady, le président du Comité 1922, en charge de l’organisation du Parti conservateur, alors que le processus de sélection de Liz Truss par les quelque 170 000 adhérents du parti au pouvoir avait pris deux mois après le départ de Boris Johnson.

En revanche, trois députés maximum pourront être officiellement candidats à la succession de Liz Truss, en vertu des règles présentées par le Parti conservateur. Un processus bien plus sélectif que celui suivant la démission de Boris Johnson en juillet où huit candidats avaient pu se présenter devant les députés.

« Les candidats devront avoir au moins 100 collègues (sur 357 députés conservateurs, ndlr) pour les parrainer », a déclaré en fin de journée Graham Brady. Ces parrainages devront être recueillis d’ici à lundi 14 H locales (13 H GMT).

En attendant la désignation d’un nouveau Premier ministre, Liz Truss reste officiellement en poste.

  • Quels sont les noms qui circulent pour succéder à Liz Truss ?

Aucun candidat ne s’est présenté encore officiellement mais plusieurs noms commencent à circuler. À commencer par Rishi Sunak. Battu par Liz Truss lors de la phase finale du processus de désignation du chef du Parti conservateur, l’ancien ministre des Finances était pourtant le candidat préféré des députés conservateurs.

Le nom de Penny Mordaunt est également évoqué. Candidate contre Liz Truss pour succéder à Boris Johnson cet été, la ministre chargée des relations avec le Parlement a été la coqueluche des militants conservateurs en début de campagne.

Ben Wallace, lui, faisait partie des favoris dans la dernière campagne pour la tête du Parti conservateur. Le ministre de la Défense, qui avait choisi de ne pas se lancer pour se consacrer à la sécurité du Royaume-Uni, a vu son nom ressurgir ces derniers jours comme une possible figure d’unité pour le parti.

Enfin, Boris Johnson pourrait renaître de ses cendres tel un phénix. L’ancien Premier ministre, « BoJo », ferait son grand retour, s’imposant comme un recours évident au sein d’un Parti conservateur en crise. Sur Twitter, le hashtag « #bringbackboris », « #ramenez-nous Boris » commence à émerger.

Fort du triomphe électoral de la fin 2019, qui a accordé aux conservateurs une majorité inédite depuis Margaret Thatcher dans les années 1980, le héros du Brexit est néanmoins entravé par des boulets de taille.

Son départ forcé par une succession de scandales dont celui des fêtes à Downing Street en violation des restrictions anti-Covid n’est pas si lointain et lui donne une part de responsabilité dans la débâcle actuelle.

  • Vers des élections législatives anticipées ?

Après l’annonce de Liz Truss, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a appelé à convoquer une élection générale dès « maintenant » et non fin 2024 ou début 2025 comme prévu.

Les conservateurs « manquent à leur devoir patriotique de base de laisser les Britanniques en dehors de leurs querelles pathétiques », avait-t-il attaqué, jeudi matin, dans un discours devant le Congrès des syndicats (TUC), au moment où de nombreux mouvements sociaux agitent le pays face à la crise du coût de la vie.

Cependant, les Tories vont tout faire pour éviter ce scénario car les travaillistes caracolent en tête dans les sondages. Selon une enquête d’opinion publiée fin septembre dans le Times, le Parti travailliste enregistre 33 points d’avance en termes d’intentions de vote sur les conservateurs. Du jamais-vu depuis la fin des années 90.

  • Quelles sont les réactions à l’international ?

Cette tempête politique dans l’une des principales puissances mondiales, en pleine guerre en Ukraine, n’a pas manqué de faire réagir à l’international.

Le président français, Emmanuel Macron, a dit espérer que le Royaume-Uni retrouve « rapidement » la « stabilité ».

« J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de rencontrer Liz Truss. Nous avons encore échangé cette semaine et nous avions une relation de travail qui se construisait », a-t-il dit à son arrivé à un sommet de dirigeants de l’UE à Bruxelles.

Le président américain, Joe Biden, a, lui, promis de poursuivre une « étroite coopération » avec Londres.

La diplomatie russe a, de son côté, raillé l’annonce de la démission de Liz Truss, estimant que le pays n’avait « jamais connu un tel embarras ».

FA Dernière