OUGANDA : Fin de l’épidémie d’Ebola avec 55 morts au bilan

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L’épidémie d’Ebola en Ouganda est terminée, ont annoncé mercredi le ministère de la Santé du pays, et l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, relevant que la maladie a coûté la vie à 55 personnes dans ce pays de l’Afrique orientale. 

Cette annonce met fin à près de quatre mois de lutte pour contenir une souche soudanaise rare de ce virus hautement contagieux pour laquelle il n’existe aucun vaccin ou traitement antiviral éprouvé. 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère ougandais de la Santé, 42 jours s’étaient écoulés depuis que le dernier malade diagnostiqué d’Ebola avait quitté l’hôpital. Ce qui a permis au pays de dépasser le double de la période d’incubation maximale du virus. 

« L’Ouganda a rapidement mis fin à l’épidémie d’Ebola en renforçant les principales mesures de contrôle telles que la surveillance, la recherche des contacts et la prévention et le contrôle des infections. », a déclaré la Dre Jane Ruth Aceng Acero, ministre ougandais de la Santé, relevant « la solution magique des communautés qui ont compris l’importance de faire ce qu’il fallait pour mettre fin à l’épidémie ».

142 cas confirmés dont 55 décès 

Le virus a été détecté pour la première fois dans le district de Mubende en septembre et s’est propagé à au moins neuf districts, dont Kampala, la capitale de l’Ouganda. Selon l’OMS, une épidémie est dite enrayée lorsqu’on ne constate pas de nouveau cas pendant 42 jours consécutifs, équivalant à deux fois la période d’incubation d’Ebola. Le dernier patient confirmé porteur du virus est sorti de l’hôpital le 30 novembre, ont annoncé les autorités sanitaires. 

Il s’agit de la première épidémie d’Ebola avec la souche soudanaise depuis dix ans et de la cinquième épidémie de ce type dans le pays. 

Au total, l’OMS a recensé 164 cas (142 confirmés et 22 probables), 55 décès confirmés et 87 patients guéris. Plus de 4.000 personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ont été suivies et leur santé surveillée pendant 21 jours. Dans l’ensemble, le taux de létalité était de 47%. 

« L’Ouganda a montré qu’Ebola peut être vaincu lorsque l’ensemble du système travaille de concert, qu’il s’agisse de la mise en place d’un système d’alerte, de la recherche et de la prise en charge des personnes touchées et de leurs contacts, ou de la pleine participation des communautés touchées à la riposte », a affirmé dans un communiqué, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. 

Le défi d’une flambée en l’absence de vaccins et de médicaments 

« En l’absence de vaccins et de médicaments, cette épidémie d’Ebola a été l’une des plus difficiles de ces cinq dernières années, mais l’Ouganda a maintenu le cap et a constamment affiné sa réponse. Il y a deux mois, il semblait qu’Ebola allait jeter une ombre sur le pays jusqu’en 2023, car l’épidémie avait atteint des grandes villes comme Kampala et Jinja, mais cette victoire démarre l’année sur une note de grand espoir pour l’Afrique », a dit pour sa part, la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.  

L’OMS, qui a envoyé des dizaines d’agents de santé ainsi que des fournitures et des équipements médicaux pour soutenir l’intervention, a salué l’Ouganda pour avoir combattu l’épidémie, en particulier en l’absence de vaccins ou de traitements. Selon l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, Kampala a travaillé intensément, « en renforçant les mesures de contrôle de l’épidémie qui ont permis de stopper le virus en moins de quatre mois ». 

Les nouveaux outils qui ont transformé la lutte contre Ebola ces dernières années – notamment les traitements antiviraux et les vaccins utilisés jusqu’alors ne fonctionnent pas contre la souche soudanaise du virus. C’est dans ce contexte que trois vaccins candidats ont été identifiés et plus de 5000 doses de ceux-ci sont arrivées dans le pays, le premier lot le 8 décembre et les deux derniers le 17 décembre dernier. 

L’OMS a fourni près de 10 millions de dollars pour soutenir l’Ouganda et les pays voisins 

La rapidité de cette collaboration marque une étape importante dans la capacité mondiale à répondre à des épidémies qui évoluent rapidement et à les empêcher de prendre de l’ampleur. « Bien que ces vaccins candidats n’aient pas été utilisés pendant cette épidémie, ils restent la contribution de l’Ouganda à la lutte contre Ebola », a fait valoir le Dr Yonas Tegegn Woldemariam, Représentant de l’OMS en Ouganda. 

L’OMS et ses partenaires entendent maintenant examiner d’autres aspects pour faire avancer l’évaluation des vaccins candidats, comme la mise en œuvre d’activités de recherche sur les doses actuellement disponibles en Ouganda. « La prochaine fois que la souche soudanaise frappera, nous pourrons relancer la solide coopération entre les développeurs, les donateurs et les autorités sanitaires et envoyer les vaccins candidats », a ajouté le Dr Tegegn Woldemariam. 

L’OMS a contribué à protéger les agents de santé de première ligne en organisant un approvisionnement régulier en équipements de protection individuelle. L’Organisation a fourni près de 6,5 millions de dollars à la riposte sanitaire et 3 millions de dollars supplémentaires pour soutenir la préparation dans six pays voisins de l’Ouganda.

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